Le projet

La production massive des données (le Big Data), par les individus, les entreprises, les institutions ou les dispositifs techniques, constitue ce que l’on nomme le processus de « datafication » ou, comme on le dit aussi, la « mise en données » de la société. Les réseaux sociaux, les applications mobiles et le traçage, notamment à des fins marketing sont mis à contribution dans cette collecte massive de données qui fait désormais partie intégrante de nos vies.

Le projet Datafication s’intéresse aux enjeux sociopolitiques liés à ce phénomène de mise en données de la société. Nous cherchons à comprendre la production et l’utilisation des données publiques et privées en interrogeant les publics imaginés versus les publics effectifs des données, dans trois contextes différents :

  1. L’ouverture des données au public au sein d’un projet municipal mené à Montréal (terrain 1). 
  2. La gestion des données personnelles en santé par les usagers (terrain 2). 
  3. La production des données dans le cadre d’un projet militant (terrain 3).

Comprendre les publics de données

Avec ces trois terrains d’étude, nous cherchons à comprendre les défis que rencontrent les producteurs et les concepteurs de « data », lorsqu’ils essayent de cerner le ou les publics auxquels s’adressent lesdites données, cela dans la mesure où,  très souvent, ces publics ne correspondent pas à l’image que les producteurs de jeux de données s’en font. Cette recherche soulève donc, en premier lieu, la question de la représentation des publics par les producteurs des données, ainsi que celle de la formulation des stratégies d’ouverture ou de production des données, et en second lieu, la reformulation ou réappropriation des données par les individus et les groupes sociaux. 

La méthodologie

Les trois cas à l’étude sont abordés dans le cadre d’une démarche méthodologique mixte, impliquant la conduite d’observations non participantes sur le terrain et la réalisation d’entrevues avec les personnes concernées. Une analyse documentaire, l’étude des plateformes technologiques et une enquête sur les audiences des sites complètent l’étude. Notre objectif vise à décrire les publics imaginés par les producteurs des données, à analyser la façon dont ces publics sont caractérisés en pratique et à les confronter aux publics « réels » qui se saisissent effectivement des données pour comprendre les formes possibles de contestation ou de réappropriation des données.

Cette recherche est subventionnée par le CRSH (2018-2022) et certifiée par le Comité institutionnel d’éthique de la recherche avec des êtres humains de l’UQAM.